08 février 2005

Papillons

Quelle frustration que ces soirs de solitude où l'envie et le besoin d'écrire me taraudent, où les pensées se bousculent, sans qu'aucune ne parvienne à s'échapper des recoins sombres où elles sont tapies, ombres dans une ombre.

Il me semble que mon corps est trop petit pour mon cœur. Mon esprit trop petit pour mon âme.

Que l'écriture peut dans ces moments-là devenir un exercice pénible, et pourtant nécessaire et salutaire.

Attendons, patiemment. Au détour d'un couloir, une pensée. Un sentiment, plutôt. Hop, dans le filet à papillons. Zut, je n'en ai pas. Tant pis, mes "mains" suffiront. Ne t'inquiète pas, je te relacherai bientôt.

Étrange sentiment, en vérité. Multicolore, bien que ses nuances appartiennent à la même gamme de tons : coucher rose-orangé d'un soir d'automne aux reflets nuageux, agonie rouge et or de l'arbre recouvrant le sol de son manteau d'hiver, requiem noir et argent d'une nuit de pluie sur un sol goudronné…

Quelques mots qui résonnent. Solitude, peur…

Êtres chers à mon cœur. Ma raison d'être. Je veux rester près de vous.

Je ne veux plus connaître l'amertume des jours anciens… Ô, Letice, Gaylord, Marion, Guillaume, vous tous trop nombreux – je vous en prie, pardonnez-moi d'omettre vos noms – qu'êtes-vous devenus ?

Le saurai-je un jour ? Probablement pas. Seuls resteront ces souvenirs merveilleux, teintés de mélancolie… Peut-être est-ce que je souhaite, au fond. Peut-être pas.

Il semble hélas que ces sentiments aient mal choisis leur moment pour venir à ma rencontre, alors que beaucoup de ceux que j'aime sont en proie aux mêmes tourments…

Et, égoïstement, j'ai peur.

Paroles, silences, les mêmes interrogations.

Toi, mon Cœur… Est-ce que l'espace dans ma poitrine est suffisament grand pour un tel Amour…

Toi, mon Amie… Que nos longues conversations, réflexions, et délires nocturnes me manquent. Que ces moments bien trop rares, où la distance pouvait se compter en mètres et non plus en kilomètres, me manquent.

Toi, qui ignores sans doute à quel point tu comptes pour moi, comme j'aimerais pouvoir te parler en ce moment, te bombarder de questions… Ces mêmes questions que je te poserai forcément un jour… Dans dix ans ! Enfin, plutôt huit ou neuf, maintenant… Tu ne le vois pas, mais cette idée me fait sourire. J'ai toujours raison, souviens-t-en.

La distance… Pourquoi faut-il qu'elle accompagne chacune de mes pensées envers vous tous, à qui je tiens tant ?

Même si je me suis débarassé de bien des tares qui m'ont empoisonné la vie, il est difficile de changer complètement. Notamment sa timidité. Pourquoi suis-je si mal à l'aise à l'idée d'aller de l'avant ?

Bientôt minuit. Il est temps de retourner entre les quatre arches.

7 commentaires:

Same a dit…

Il n'est pas facile, de se reconnaître dans des termes généraux, tandis que l'égo pousse à la reconnaissance dans tous les mots (maux?)
En tout cas, jolie introspection, jolie métaphore.
Et la distance, faut faire avec, même si ça fait mal...

Albireo a dit…

Mais peut-être l'ego a-t-il raison… :)

La distance est douloureuse. Elle est aussi effrayante, car elle se conjugue parfois à l'absence, source inépuisable d'interrogations, souvent mauvaises…

Et en passant, bisous. :) As-tu reçu mon message à propos du nouvel habillage d'Elysium ?

Andrea a dit…

Mais est-ce que par définition la distance n'est elle pas au propre comme au figuré une absence ? Matériellement il y a les km qui séparent, divisent et psychologiquement "être distant" que le mouvement soit volontaire ou réveur c'est être absent aux autres, c'est navigue sur ses propres fleuves, intact de toutes touches,

Albireo a dit…

C'est exact. Mais il est toujours plus facile de revenir lorsque l'on ne s'est éloigné qu'en pensée, lorsque l'absence ne s'est traduite que par l'attitude, le comportement. Que faire, par contre, contre les lois de la réalité, matérielles, concrètes, avec toute la rigueur et la dureté que cela implique ? Difficile de se déplacer par la pensée…

Par moments, j'aimerais avoir le don d'ubiquité. :)

Andrea a dit…

Je serai plutôt d'un avis opposé, quelquefois les éloignements de l'esprit sont bien plus redoutables que les km même si les km nourrissent parfois cette fuite de l'âme. Pour vaincre les les sept lieux, il suffit de prendre le TGV, pour vaincre le vide là où il y avait complicité, il n'y a rien point d'outils ni de guichets... Je suppose que c'est aussi une question d'éducation: la distance je la connais depuis longtemps lorsque les jeunes filles au père partaient tous les ans ou lorsque le pater familias a déserté son foyer... Avec le temps, je ressens toujours l'absence mais plus qu'une douleur insidieuse c'est un malaise, un tiraillement diffus, tant qu'il y a espoir de se revoir, il n'y a pas distance ou de km il y a juste le temps et lui il passe inexorablement contrairement aux panneaux kilométriques. Face aux km, je ne pleure pas et je suis nostalgique, on peut me manquer mais je console en me disant que très vite j'aurai ma dose... Effectivement, l'éloignement peut briser des liens, j'ai perdu des gens de vue, je le regrette mais pour moi les km n'ont rien à voir c'était juste moi qui n'a pas osé aller à leur rencontre alors petit à petit je ne suis devenue qu'un souvenir mais si j'ai été un bon souvenir cela ne sera pas du gâchis. Maybe the saying is true : a second is not wasted if a memory is made,,, l'amertume qui est dans ma bouche ne se fait pas étouffement, seulement deception à cette peur qui me paralysera toujours pour décrocher le téléphone, pour leur écrire, pour les inviter mais peut-être que l'essence de ma vie c'est d'être "a lurking shadow",,,, une péniche à la dérive du ponton^^

Albireo a dit…

L'éloignement physique nourrit l'éloignement relationnel, comme tu le dis-toi même. Pour retrouver sa complicité d'antan, il faut d'abord prendre conscience du vide qui s'est installé – ce qui est loin d'être le plus évident – puis avoir la volonté de retrouver ce qui a été égaré. Je dis bien égaré, pas perdu…

Et comme tu le dis à nouveau, ce n'est pas toujours évident quand on n'ose pas franchir le pas, écrire, téléphoner, que sais-je…

Quand la distance matérielle vient s'y rajouter, c'est d'autant plus dur. D'où mon sentiment qu'elle est la plus difficile à vaincre.

Andrea a dit…

I'm afraid I'll stand my ground... De tous les "fall out" ou situation de ruptures, l'élément matériel n'a jamais été déterminant, ces ruptures ont juste traduit un déphasage avec la personne que j'avais en face de moi, nous ne nous rconnaissions plus et quelquefois nous nous tirions dans les pattes mais que ce soit avec Sarah, Marine, Carine ou les autres... Les km nourrissent le ver mais de toute manière ce dernier était déjà dans le fruit... Qu'est-ce qu'un Paris-Nantes ou Paris-Deauville, un ticket...? mais entre une incompréhension et une douleur mutuelle il faut bien plus qu'un ticket pour reprendre pied. La distance est un obstale de bas emais qui peut-être cirsconscrit si le lien se maintient humainement et ceci n'est rendue possible que par nous-mêmes et nos relations aux autres. Les gens que j'ai perdu ou que je suis en train de perdre, j'ai creusé ma tombe moi-même parce que je n'ai pas osé les effleurer...