11 mai 2005

Nouvelles du front

La bataille était rude… L'armée des étudiants sortait tout juste de son premier vrai affrontement que déjà, le plus terrible de leurs ennemis se présentait…

Cela faisait maintenant deux jours que les hostilités étaient déclenchées. En guise de premier contact avec les dures réalités de la guerre, l'ennemi, perfide, avait envoyé ses fantassins Anglais, peuple impie passé à sa cause. L'affrontement avait été bref, mais intense. Le contact entre la plume et le papier n'avait cependant causé que peu de dommages dans nos rangs, quelques blessés légers, tout au plus. Une escarmouche.

Mais tous les tyrans ont des ressources, et l'armée des profs qui nous faisait face souriait face à nos airs bravaches et nos mines ragaillardie par ce premier succès. Quelques nuages passèrent sur nos fronts, une leur d'inquiétude s'allumait dans le regard de chacun. Au loin, les terribles troupes Mathématiques s'approchaient…

Le déferlement de la cavalerie du général Séries Formelles aurait dû provoquer un véritable grondement de tonnerre. Mais le silence qui tomba soudain était encore plus terrifiant que tous les cris d'orfraies. Alors que Suites et Séries – reconnaissables à leur étendart arborant la lettre grecque « sigma » – galopaient vers nous tels des chevaux furieux, je vis mes camarades en première ligne pâlir à la vue de l'horrible sujet qui se dirigeait vers chacun d'entre nous, n'épargnant personne. Cependant, chacun reprit contenance, le regard grave, déterminé à affronter cette terrible marée blanche…

Le combat dura une heure et demi… Je vis certains de mes camarades, autour de moi, tomber dès la première heure, grièvement touchés. Moi-même je ne sortis pas indemne de cette passe d'armes. J'avais réussi à blesser le premier de mes adversaires, sans parvenir à trouver le défaut dans sa cuirasse pour lui asséner le coup de grâce. Mais le plus terrible fut le second. Je l'avais pourtant touché, mais pas suffisament, son armure à base de Fibonnaci était trop solide. Je dus mordre la poussière, récoltant une sérieuse blessure. Pas mortelle, toutefois. Il en fallait beaucoup plus pour m'abattre.

Il me sembla que mon bouclier, si durement acquis au premier semestre, était fendu. Soit, mais j'étais vivant. Et il me restait mon plastron, gagné lors des épreuves précédentes.

Je regardais autour de moi. L'assaut avait été violent, beaucoup de mes compagnon étaient dans le même état que moi. Mais déjà, chacun se pressait de se relever, car au loin les troupe des Probabilités et Statistiques, arcs et arbalètes en main, nous mettaient en joue. Ma main empoignait fermement Connaissance, ma fidèle épée, celle-là même que j'avais forgée patiemment l'année précédente, dans l'antre de Statnet, là ou la chance avait finie par me conduire, après maintes batailles perdues. Les dernières, m'étais-juré à moi-même, ce jour-là.

Poussant un cri de guerre silencieux, je me précipitais avec toute l'énergie dont j'étais capable vers les troupes ennemies, tandis que traits et carreaux sifflaient à mes oreilles. J'entendais les râles et les soupirs des étudiants autour de moi, sachant que certains resteraient à terre, cette fois. J'arrivais en face de mon ennemi, fendant l'air, traçant des sillons d'encre dans la plaine de la Feuille Blanche, harcelant sans relâche mon ennemi à coups de lois de probabilités, espérances, et autres écart-types. Longtemps l'issue de l'affrontement fut indécise. J'égarais à un moment ma seconde épée, Mémoire, que fort heureusement je finis par récupérer, attaquant alors à nouveau, frappant encore et encore, avec acharnement, presque avec aveuglement.

Je me rendis à peine compte que la bataille arrivait à son terme. J'étais touché, mais beaucoup moins sérieusement que tout à l'heure. Victoire ! Acquise, certes, dans la douleur, mais victoire tout de même ! Je regardais autour de moi, et m'aperçus qu'hélas, beaucoup de mes compagnons n'avaient pas eu cette chance. Certains gisaient à terre, d'autres ne tenaient plus debout que par une volonté qui forçait l'admiration.

Je vérifiais l'état de mes deux lames, fortement émoussées après ces assauts répétés. Il allait falloir les affûter avant l'aube… Car au loin se dressaient nos derniers ennemis, nos ultimes adversaires : Structures de Données et Langages Formels, froids et implacables de logiques, mais contre lesquels, Dieu merci, j'étais mieux préparé.

Chaque étudiant encore valide se redressait lentement. Nous vérifiâmes nos réservoirs d'encre. Un dernier affrontement nous attendait, dont l'issue déciderai, pour beaucoup d'entre nous, du sort de cette guerre…

3 commentaires:

Eric a dit…

Quel combat !

Cela me rappelle les durs affrontement menes, il y a bien des éons contre des adversaires aussi terribles que les cascades métaboliques et l'armée des inducteurs de signaux.

Que Nike et Réussite soient avec toi pour tes ultimes affrontements

E.

Albireo a dit…

Marchi ! :)

Bah, maintenant c'est fini… J'ai le sentiment de m'en être bien tiré, je pense passer, j'espère que les résultats me confirmeront…

Maintenant, les vacances ! Enfin, presque, il me reste encore un ultime compte-rendu… ^^

Elaurys Nathiel a dit…

Fantastique épopée, J.B. ! Je regrette de n'avoir pas pu t'encourager mieux que cela depuis ma citadelle lyonnaise... Bisous ! (contente que tu sois de retour, blogistiquement parlant... maudits moches néoligismes mais l'idée est là, je pense ^^)