22 mai 2006
13 mai 2006
Brumes
Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne je déteste le stress de l'attente, quelle que soit l'échéance…
J'ai envisagé, dès le mois de septembre, de partir étudier à l'étranger l'année prochaine, dans le cadre du programme Erasmus. Aujourd'hui, je suis, sauf catastrophe, sûr de partir. Deux pays en vue : l'Irlande et la Norvège. Mon cœur va à la première, mais la seconde serait également une formidable expérience.
Le problème, c'est que je suis dans le flou en ce qui concerne les modalités de ces départs. Je dois attendre lundi pour éclaircir un peu mon horizon. Je ne suis toujours pas fixé sur ma destination. J'ai par contre eu quelques renseignements sur Tromsø (Norvège). Il semble que l'année scolaire commence dès le mois d'août. Ce « semble » m'agace. Si c'est confirmé, ça ne m'arrange pas, c'est le moins que l'on puisse dire. Ce « si » m'agace aussi, tiens. Vivement la semaine prochaine…
Désolé de ce billet d'humeur !
J'ai envisagé, dès le mois de septembre, de partir étudier à l'étranger l'année prochaine, dans le cadre du programme Erasmus. Aujourd'hui, je suis, sauf catastrophe, sûr de partir. Deux pays en vue : l'Irlande et la Norvège. Mon cœur va à la première, mais la seconde serait également une formidable expérience.
Le problème, c'est que je suis dans le flou en ce qui concerne les modalités de ces départs. Je dois attendre lundi pour éclaircir un peu mon horizon. Je ne suis toujours pas fixé sur ma destination. J'ai par contre eu quelques renseignements sur Tromsø (Norvège). Il semble que l'année scolaire commence dès le mois d'août. Ce « semble » m'agace. Si c'est confirmé, ça ne m'arrange pas, c'est le moins que l'on puisse dire. Ce « si » m'agace aussi, tiens. Vivement la semaine prochaine…
Désolé de ce billet d'humeur !
30 avril 2006
De Desproges :
- Pierre, mon vieux... Mon pauvre vieux.
- Je vous en prie, docteur. Soyez franc. Je veux toute la vérité. J'ai besoin de savoir.
- Eh bien, j'ai une mauvaise nouvelle. De toute évidence, vous êtes atteint d'une ... d'un... d'une... maladie à évolution lente, caractérisée par... par une... dégénérescence des cellules et...
- Ecoutez. Soyez clair : j'ai un cancer ?
- C'est à dire que non. Je ne dis pas cela.
- Vous dites irréversible". C'est mortel. C'est donc bien un cancer. Parlez-moi franchement. Il... il me reste combien de temps ?
- Eh bien oui, vos jours sont comptés. A mon avis, dans le meilleur des cas, vous en avez encore pour trente à quarante ans. Maximum.
- Mais si ce n'est pas un cancer, comment s'appelle cette maladie ?
- C'est la vie.
- La vie ? Vous voulez dire que je suis...
- Vivant, oui, hélas.
- Mais où est-ce que j'ai pu attraper une pareille saloperie ?
- C'est malheureusement héréditaire. Je ne dis pas cela pour tenter de vous consoler, mais c'est une maladie très répandue dans le monde. Il est à craindre qu'elle ne soit pas vaincue de sitôt. Ce qu'il faudrait, c'est rendre obligatoire la contraception pour tout le monde. Ce serait la seule prévention réellement efficace. Mais les gens ne sont pas mûrs. Ils forniquent à tire larigot sans même penser qu'ils risquent à tout moment de se reproduire, contribuant ainsi l'extension de l'épidémie de vie qui frappe le monde depuis des lustres.
- Oui, bon, d'accord. Mais moi, en attendant, qu'est-ce que je peux faire pour atténuer mes souffrances ? J'ai mal, docteur, j'ai mal.
- Avant l'issue finale, qui devrait se situer vers la fin de ce siècle, si tout va bien, vos troubles physiques et mentaux iront en s'aggravant de façon inéluctable. En ce qui concerne les premiers, il n'y a pas grand-chose à faire. Vous allez vous racornir, vous rétrécir, vous coincer, vous durcir, vous flétrir.
Vous allez perdre vos dents, vos cheveux, vos yeux, vos oreilles, votre voix, vos muscles, votre prostate, vos lunettes, etc.
Moralement, de très nombreuses personnes parviennent cependant à supporter assez bien la vie en s'agitant pour oublier. C'est ainsi que certains sont champions de course à pied, président de la République, alcooliques ou choeurs de l'Armée Rouge. Autant d'occupations qui ne débouchent évidemment sur rien d'autre que la mort, mais qui peuvent apporter chez le malade une euphorie passagère, ou même permanente, chez les imbéciles notamment.
- Et vous n'avez pas d'autre médication à me suggérer ?
- Il y a bien la religion : c'est une défense naturelle qui permet à ceux qui la possèdent de supporter relativement bien la vie en s'autosuggérant qu'elle a un sens et qu'ils sont immortels.
- Soyons sérieux...
- Alors je ne vois plus qu'un remède pour guérir de la vie. C'est le suicide.
- Ça fait mal ?
- Non, mais c'est mortel... Voilà, voilà. C'est deux cent francs.
- Deux cent francs ? C'est cher !
- C'est la vie.
- Je vous en prie, docteur. Soyez franc. Je veux toute la vérité. J'ai besoin de savoir.
- Eh bien, j'ai une mauvaise nouvelle. De toute évidence, vous êtes atteint d'une ... d'un... d'une... maladie à évolution lente, caractérisée par... par une... dégénérescence des cellules et...
- Ecoutez. Soyez clair : j'ai un cancer ?
- C'est à dire que non. Je ne dis pas cela.
- Vous dites irréversible". C'est mortel. C'est donc bien un cancer. Parlez-moi franchement. Il... il me reste combien de temps ?
- Eh bien oui, vos jours sont comptés. A mon avis, dans le meilleur des cas, vous en avez encore pour trente à quarante ans. Maximum.
- Mais si ce n'est pas un cancer, comment s'appelle cette maladie ?
- C'est la vie.
- La vie ? Vous voulez dire que je suis...
- Vivant, oui, hélas.
- Mais où est-ce que j'ai pu attraper une pareille saloperie ?
- C'est malheureusement héréditaire. Je ne dis pas cela pour tenter de vous consoler, mais c'est une maladie très répandue dans le monde. Il est à craindre qu'elle ne soit pas vaincue de sitôt. Ce qu'il faudrait, c'est rendre obligatoire la contraception pour tout le monde. Ce serait la seule prévention réellement efficace. Mais les gens ne sont pas mûrs. Ils forniquent à tire larigot sans même penser qu'ils risquent à tout moment de se reproduire, contribuant ainsi l'extension de l'épidémie de vie qui frappe le monde depuis des lustres.
- Oui, bon, d'accord. Mais moi, en attendant, qu'est-ce que je peux faire pour atténuer mes souffrances ? J'ai mal, docteur, j'ai mal.
- Avant l'issue finale, qui devrait se situer vers la fin de ce siècle, si tout va bien, vos troubles physiques et mentaux iront en s'aggravant de façon inéluctable. En ce qui concerne les premiers, il n'y a pas grand-chose à faire. Vous allez vous racornir, vous rétrécir, vous coincer, vous durcir, vous flétrir.
Vous allez perdre vos dents, vos cheveux, vos yeux, vos oreilles, votre voix, vos muscles, votre prostate, vos lunettes, etc.
Moralement, de très nombreuses personnes parviennent cependant à supporter assez bien la vie en s'agitant pour oublier. C'est ainsi que certains sont champions de course à pied, président de la République, alcooliques ou choeurs de l'Armée Rouge. Autant d'occupations qui ne débouchent évidemment sur rien d'autre que la mort, mais qui peuvent apporter chez le malade une euphorie passagère, ou même permanente, chez les imbéciles notamment.
- Et vous n'avez pas d'autre médication à me suggérer ?
- Il y a bien la religion : c'est une défense naturelle qui permet à ceux qui la possèdent de supporter relativement bien la vie en s'autosuggérant qu'elle a un sens et qu'ils sont immortels.
- Soyons sérieux...
- Alors je ne vois plus qu'un remède pour guérir de la vie. C'est le suicide.
- Ça fait mal ?
- Non, mais c'est mortel... Voilà, voilà. C'est deux cent francs.
- Deux cent francs ? C'est cher !
- C'est la vie.
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