24 septembre 2007

Carrefour

Au fur et à mesure que les jours s’égrènent, je prends petit à petit conscience que je suis à la croisée des chemins. Cette année est en effet ma dernière, et il y a de fortes chances pour que j’entre dans le monde du travail à l’issue de mon stage qui se tiendra entre avril et septembre. Il est ainsi fort possible que la boîte au sein de laquelle je passerai ces quelques mois m’embauche à la sortie. C’est le cas pour environ 50 % des étudiants, les 50 % qui restent trouvant un job dans les six mois qui suivent.

C’est vers ce stage que mes pensées sont tournées en ce moment… Je sais ce que j’aimerais faire et vers quel type d’entreprises il faudrait que je me tourne. Mais où aller, géographiquement parlant ? Je suis sûr d’atterrir quelque part puisque la faculté aura de toutes façons moult propositions, mais cela n’empêche pas qu’on puisse chercher par soi-même. Quoi qu’il en soit, c’est le fait que, peut-être, ce choix déterminera ma vie future qui me rend si songeur.

Je ne sais pas où en est ma vie. J’ai beaucoup d’attaches ici, à Nantes, et je sais quelle déchirure c’est que de quitter ceux à qui l’on tient. Mais j’aimerais en même temps découvrir autre chose, sans être sûr de savoir quoi, sans même être sûr qu’il s’agisse vraiment de ce que je veux. Je songe à l’étranger, si jamais j’en ai la possibilité. Paris est une option, mais pas la seule non plus…

Je sais à peu près ce que je veux pour ma vie professionnelle, mais absolument pas ce que je veux pour le reste… Je ne sais pas où en est ma vie, et je ne sais vraiment pas si la réponse tombera dans les mois qui viennent, il y a tant de sujets qui me tourmentent, et tant d’interrogations autour…

Le plus dur est peut-être de n’avoir personne vers qui me tourner pour en parler…

28 mai 2007

Sadbye


Hier, Camille, Davina, François, Marie, Maxime… Aujourd’hui, Sandra. Demain, Céline, Florence…
Mes amis,
Que reste-t-il…

Depuis une semaine, chaque jour est un adieu. Chaque soirée j’embrasse et j’étreins tout ceux que j’ai appris à connaître. Que je déteste dire au revoir… Je tourne la tête, et pendant quelques secondes je grave dans ma mémoire l’image de ce visage que je ne reverrai plus jamais. Jamais. Je hais ce mot. Crève-cœur…

Je sais que le temps pansera les plaies, que la tristesse laissera place à la mélancolie, qu’elle-même ira se loger quelque part dans un coin de mon cœur où – magie des liens – se côtoient tous ceux que j’ai connus et qui ne se connaissent pas. Je sais que ces souvenirs s’endormiront avec la douleur, ne se réveilleront qu’occasionnellement, réveillés par la pluie frappant la vitre, la complainte du vent dans les arbres, l’obscure clarté des étoiles une nuit de solitude…

Faut-il donc, pour que la tristesse s’en aille, se résigner à cette fatalité qui nous éparpillera tous au quatre coins du monde ? Ne sommes-nous donc que les pièces d’un puzzle rassemblé par un enfant pour le plaisir sadique de le détruire à peine complété, avant de retourner piocher d’autres pièces dans la boîte, d’autres âmes à rassembler patiemment, jour après jour, pour jouir du plaisir de la destruction au bout d’une nouvelle année…

Je ne veux pas vous perdre. Je ne veux pas vous quitter. Je veux vous revoir. Je veux…

Je me sens perdu. Abandonné, comme ce porte-document trouvé sur le chemin, rempli de dessins. Monstre d’abstraction aux yeux blancs. Horrible visage grimaçant, comme s’il se régalait du malheur. Ange blond aux yeux rêveurs, les miens. Partition rouge, verte, noire, inquiétant reflet du vide que ressent mon cœur. Monstre difforme aux yeux désespérés, visage-cœur rose sang. Diablotin à l’œil fixe, que voit-il en moi ? Gueule cassée dévorée par elle-même. « Hard to say… », dit son œil. « Goodbye » est sans doute le mot qu’il lui manque…

Ce soir, je suis triste, et mes larmes sont d’encre.

17 avril 2007

Le Petit Poucet irlandais

Je n’ai pas tellement eu le temps de mettre mon blog à jour ces derniers temps, pour cause de programme à développer et de rapport à taper. Mais ce soir, je sature, alors je vais oublier un instant mon projet. Ça me permettra aussi de reléguer au second plan le dernier message quelque peu déprimant.

J’ai quelques entrées en attente, irlandaises comme personnelles, mais pour l’heure j’aimerais vous parler de la version irlandaise du conte de Perrault, dans laquelle les bouts de pain et les petits cailloux ont été remplacés par des espèces sonnantes et trébuchantes.

« Tigre celtique » oblige, la vie est quelque peu chère en Irlande, pour un étranger. Les Irlandais, eux, n’ont pas de problèmes d’argent, et la manifestation la plus amusante de cette insouciance est offerte par le spectacle de ces quelques piécettes – de 1 à 20 centimes la plupart du temps, parfois 50 centimes, mais parfois aussi 1 ou 2 euros – que les gens semblent semer sur votre chemin. À la fac, on en trouve le plus souvent autour des distributeurs, ce qui est pratique quand on n’a soi-même plus de monnaie : il suffit de se baisser. On peut en trouver dans les couloirs, derrière les portes… Une fois j’en ai même récoltées sur la route, alors que j’étais en vélo. Je me demande encore comment l’automobiliste a fait pour les perdre…

Mais le jackpot, c’est en boîte qu’on a le plus de chances de le toucher. Il y a quelques semaines, j’étais à Galway pour un tournoi de tir à l’arc (médaille de bronze, au passage, suivi de l’or une semaine plus tard), et le coach nous a concocté une préparation maison : virée au pub, sortie en boîte jusqu’à quatre heures du matin, sachant que la compétition était prévue six heures plus tard. Cherchez pas, c’est leur façon de faire en Irlande. Bref, au bout de deux heures dans la dite-boîte, quelque peu crevé par la route (quatre heures depuis Dundalk, quand même), et un peu fatigué de danser et de boire, je me suis mis en tête de jouer au Petit Poucet, justement, en ramassant ça et là ce que je pouvais trouver. Bilan honorable de cinq euros à la fin de soirée, dites donc. Ça m’a presque payé l’entrée.

Slán!